Pourquoi nous éditons ce livre

Pourquoi avoir désiré à tout prix publier ce livre en français depuis 2005 ? Sinon parce que Shlomo le Kurde ou plutôt Shlomo Kattani le Kurde, appelé aussi Abou Salman, balloté par l’Histoire entre le Kurdistan, Téhéran, Bagdad, Bombay et Ramat Gan, de 1914 à 1985, nous raconte, à la manière des Mille et une nuits, les tribulations d’un nouveau Sindbad, dans ces terres d’Orient, où les frontières ont évolué, aux prises avec toutes les influences, courants et opportunités : le commerce et l’exploration, le colonialisme puis le communisme, et alors qu’a lieu en Occident la Grande guerre puis la Seconde guerre mondiale. Parce que ce texte est un roman magnifique sur l’exil et sur la mondialité, tout en s’inscrivant dans l’histoire et la littérature. Parce qu’il explore une langue dialectale née de la communauté musulmane ainsi que de la communauté hébraïque de Bagdad, tout en éclairant les rapports de l’écrivain d’origine irakienne qu’est Samir Naqqash avec l’hébreu moderne, et ainsi pose avec humour la question du rapport entre la langue et l’identité. Parce que j’aime les péripéties de la vie de Shlomo qui parle araméen, kurde, persan, russe, se débrouille en arabe, en hindi et même en anglais, et lit l’hébreu biblique. Car Shlomo est juif, kurde et commerçant. Et qu’il est amoureux. Et, quand je lis Shlomo le Kurde de Samir Naqqash, voix juive et arabe, je pense à Anton Shammas ou Sayed Kashua, qui ont fait eux aussi le choix d’une langue, j’aime la manière dont Samir Naqqash nous embarque dans un monde disparu qui a quelque chose à voir avec ce que raconte Abdulrazak Gurnah à propos de Zanzibar, Yoel Hoffmann avec Bernhard, Hakan Günday avec Ziyan ou Patrick Deville dans Equatoria.

464 pages

ISBN : 978-2-35176-157-1 / ISBN (epub) : 978-2-35176-313-1

PRIX : 24 €

FORMAT : 14,5 X 21

AUTEUR : Samir Naqqash

TRADUCTEUR(S) : Xavier Luffin

DATE DE PARUTION EN VO : 1986

DATE DE PARUTION : 2014

Diffusion : Interforum

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Shlomo le Kurde

« Voilà ma belle histoire : les mille et une nuits d’Iran. Je voudrais tant retourner dans la capitale de Haroun Al-Rachid. Je me souviens encore de comment on m’a chassé de Bagdad contre mon gré, avec les autres juifs iraniens. »

Shlomo le Kurde était écrit en lettres d’or au-dessus de la porte de son échoppe, au marché de Bagdad. Il s’appelle Shlomo Kattani le Kurde, on le nomme aussi Abou Salman. Il parle araméen, kurde, persan, russe, il se débrouille en arabe, en hindi et même en anglais, et il lit l’hébreu biblique. Car Shlomo est juif, kurde et commerçant. De 1914 à 1985, balloté par l’Histoire entre Sablakh-Mahabad, Téhéran, Bagdad, Istanbul, Bombay et Ramat Gan, il connaît la gloire, la réussite, puis la chute, traversant un siècle dont il est le nouveau Sindbad.

Shlomo le Kurde, c’est aussi une sublime histoire d’amour liant Shlomo à ses deux femmes, Esmer et Esther ; c’est une incroyable épopée, entre l’Orient et l’Europe, où se succèdent tant de péripéties, dans l'Empire ottoman, sous l'occupation anglaise ou à l'époque soviétique, racontées avec nostalgie, insolence et humour.

Dernier roman de Samir Naqqash, « l’un des plus grands auteurs à écrire en arabe aujourd’hui » selon Naguib Mahfouz, Shlomo le Kurde, c’est enfin le récit d'un paradis perdu, où les distances et le temps offraient cet espace indispensable à l’inconnu, à l’aventure et aux rêves les plus fous. Un roman magnifique sur l'exil et sur la mondialité.

« Une pépite. Nous allons suivre, pour notre plus grand enchantement, les pérégrinations de Shlomo, commerçant kurde d'origine juive, à travers le XXe siècle. Suivant les soubresauts de l'histoire, nous le retrouverons en Iran, en Irak, en Inde, puis en Israël. Ce magnifique ouvrage, traduit de l'arabe, parle d'exil, de racines, du temps et de l'histoire de l'humanité, et fait de Shlomo une figure intemporelle qui restera longtemps inscrite dans l'esprit des lecteurs. Très beau livre à offrir pour les fêtes ! » – librairie Les Canuts (Lyon)

« Cet immense roman est un envoûtement, une magie orientale au nom de Shlomo le Kurde, qui bouleversera beaucoup d'idées reçues. Un voyage à travers le XXe siècle du Kurdistan à Bagdad par l'un des plus grands auteurs juifs de langue arabe. » – librairie La Manœuvre (Paris)

« Une des plus belles découvertes de cette rentrée. Je suis encore ému par les tribulations de ce Sindbad du vingtième siècle. C’est un livre fort et vrai, littéralement porté par la belle humanité de Shlomo. » – librairie Ombres Blanches (Toulouse)

« Le roman épique de Samir Naqqash se situe entre les Mille et une nuits et Bashevis Singer. Dépaysement et humour se disputent ici la plus belle part. » – librairie L'Arbre à lettres 5e (Paris)

« Le long monologue d’un commerçant bourlingueur, polyglotte et bigame, alors qu’approche sa dernière heure. De ses début dans la fripe à Bombay à l’assassinat des siens durant le pogrom de Bagdad en 1941 ; de sa rencontre avec le Shah d’Iran aux scènes de cannibalisme dans sa ville natale réduite à la famine, ce roman-fleuve a le charme des belles fables arabes. » – Le Monde

« Pour certains lieux, la métaphore du carrefour n’est pas un vain mot : les Balkans ou la Galicie en Europe, le Kurdistan au Moyen-Orient sont de ces territoires […]. La parution de ce roman rencontre par hasard une actualité douloureuse […]. Le village où se déroule la majeure partie du roman se nomme Sablakh et se trouve dans les montagnes d’Azerbaïdjan, mais dans ce pays qu’on nomme alors encore la Perse, et sur lequel règne le Shah. Shlomo se nomme lui-même avec fierté ʺShlomo le Kurdeʺ, est de confession juive, parle kurde et araméen. Dans ce village cohabitent depuis des générations juifs, chrétiens et musulmans – mais la Première Guerre mondiale va se charger de faire voler en éclats cette mosaïque aux couleurs éclatantes. » – Le Matricule des anges

L'auteur

Crédits : D.R.

Samir Naqqash (1938-2004) se considérait comme un écrivain irakien en exil. Shlomo le Kurde est son dernier roman.

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